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Établissements et services d’aide par le travail, un monde du travail à part entière

Classé dans la catégorie : Général

Anciennement centres d’aide par le travail (CAT), les Établissements et services d’aide par le travail (Esat) sont des lieux de production et de services aux activités professionnelles très variées. Ils se différencient des entreprises classiques par l’emploi à 100 % de personnes atteintes de handicap.

Ils sont près de 1 500 établissements répartis sur toute la France pour 120 000 équivalents temps plein – soit 122 000 à 125 000 personnes. Les Établissements et services d’aide par le travail (Esat) représentent un monde du travail particulier, mais un monde du travail à part entière. Proposant des activités variées pour des personnes toutes atteintes de handicaps, ces structures médico-sociales visent, à travers un accompagnement par le travail, l’insertion ou la réinsertion professionnelles. En moyenne, un Esat compte 85 places de travailleurs handicapés pour huit activités différentes, avec néanmoins d’importantes disparités. Le plus souvent, ces établissements se trouvent confrontés aux mêmes questions de santé et sécurité au travail qu’ailleurs. Cependant, les mesures à mettre en place doivent prendre en compte les capacités intellectuelles ou psychiques des personnes prises en charge. Les travailleurs des Esat ne dépendent pas du Code du travail mais du Code de l’action sociale et des familles. Ils ne sont donc pas salariés, mais « usagers » ou « bénéficiaires », et perçoivent une rémunération garantie – non un salaire – composée d’une part financée pat l’Esat et d’une autre par l’État. Les encadrants, moniteurs, administratifs des Esat relèvent quant à eux du régime général et sont donc salariés.

Des activités qui se diversifient

Dans les années 1990, de nombreuses industries, qui étaient les donneurs d’ordres des Centres d’aides par le travail (CAT, devenus Esat en 2005), se sont délocalisées. Les CAT ont commencé à revoir leur politique économique et à se positionner sur des marchés concurrentiels. Aujourd’hui, les Esat sont des acteurs de l’économie locale qui répondent à des appels d’offres et développent des compétences pour y répondre. Ils se lancent dans de nouvelles activités et en arrêtent d’autres avec d’importantes facultés d’adaptation. Actuellement, les Esat sont structurés en quatorze filières, représentant plus de 200 métiers : artisanat, construction et bâtiment, impression/reprographie/marquage, restauration/hébergement/services touristiques, communication et marketing, prestations intellectuelles, services généraux/prestations administratives, production alimentaire…

Parallèlement, on assiste depuis une quinzaine d’années à une évolution du public accueilli. Avec les progrès de la médecine et la reconnaissance du handicap psychique dans la loi de 2005, on rencontre de plus en plus d’usagers souffrant de troubles ou maladies psychiques, de l’ordre d’un quart à un tiers des effectifs. Certaines personnes ont connu des accidents de la vie, ont parfois vécu dans la rue et ont eu une expérience professionnelle en milieu ordinaire. Elles peuvent présenter des compétences, être diplômées (parfois d’études supérieures), avoir le permis de conduire, mais ne plus être à même de travailler dans le milieu ordinaire. Face à ces évolutions de fond, l’accompagnement des missions des Esat s’appuie sur deux grands piliers : l’élévation du niveau de compétences, par la formation, et l’amélioration des conditions de travail. Ces deux dernières années, sept structures sur dix ont fait évoluer leur appareil de production, ont investi dans la recherche et le développement ou obtenu des certifications. Et près de la moitié ont investi dans des formations professionnelles des travailleurs handicapés.

Multiactivité, multirisque

Des formations sur tous les sujets, mais notamment en santé et sécurité au travail (SST), sont en effet de plus en plus délivrées aux publics des Esat. Des formations Prap (prévention des risques liés à l’activité physique) sont par exemple proposées en Esat, en adaptant les formats de sessions aux capacités de compréhension ou de lecture de ce public. Le travail en petits groupes, afin que les parties théoriques soient rapidement suivies de mises en pratique, peut par exemple s’avérer efficace. Des études de poste sont réalisées en atelier, pour rester dans le concret, verbaliser et permettre l’évaluation formative. Le côté certifiant est une reconnaissance aussi pour les travailleurs.

Pour autant, un Esat étant un lieu de travail durable, se pose de façon conjointe la question de la qualité de vie au travail des personnes accueillies. Là aussi, les choses bougent, en donnant par exemple de plus en plus la parole aux travailleurs, car ce sont eux qui connaissent le mieux leur activité. Trop longtemps, les décisions les concernant ont été prises sans eux.

L’amélioration des conditions de travail constitue un effort continu. Le processus s’était plutôt traduit, au début et par facilité, par l’attribution d’équipements de protection individuelle. Désormais, avec l’approche plus industrielle des activités des Esat, et le travail réalisé par les équipes et l’encadrement, les démarches de prévention conduisent davantage à des solutions de protection collective. Et en améliorant les conditions de travail, la productivité progresse, même si ce n’est pas le but recherché.

Un peu d'histoire

Créés par un décret en 1954, les centres d’aide par le travail (CAT), devenus en 2005 les Esat, relevaient souvent de l’activité occupationnelle. Fondés par des associations de parents d’enfants handicapés, ils visaient à assurer à ces derniers une activité et une vie sociale dans un environnement protégé. Les handicaps présents alors étaient souvent lourds : déficience mentale, trisomie, handicap moteur… Il s’agissait beaucoup de sous-traitance, de tâches simples et répétitives, comme du conditionnement de pièces, des activités telles que le pressing, l’entretien des espaces verts, etc. Ces activités ont progressivement évolué vers davantage de prestations de services et de production.

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