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Ventilation, ne pas mordre la poussière

Le _ Catégorie : Risques dans les bâtiments

Dans de nombreux secteurs, l'activité professionnelle est source d'expositions à des poussières dont les effets sur la santé vont de l'irritation respiratoire au développement de cancers.

L'aspiration à la source et la ventilation sont les piliers d'une prévention efficace.

Les poussières, dispersions de particules solides dans l'air formées par un procédé mécanique ou par leur remise en suspension depuis des lieux de dépôt sont partout. Nous inhalons donc continuellement des grains de matière d'origines naturelles (pollens, éruptions volcaniques, érosion des roches...) ou résultant d'une activité humaine (particules diesel, usure des pneus, rejets industriels, production agricole...). En milieu professionnel, des expositions supplémentaires sont ainsi susceptibles de se produire. Qu'elles soient dues à du concassage, de la manipulation de poudre, de l'usinage ou à toute autre activité impliquant des frottements entre matériaux, les poussières rencontrées sur les lieux de travail appartiennent à trois catégories : minérale (calcaire, silice, verre, amiante...), métallique (acier, zinc, cuivre, bronze, plomb...) ou organique (bois, farine, coton, cuir, déjections...).

Et aucune n'est bonne à respirer. L'exposition aux poussières peut entraîner des effets pour la santé, notamment au niveau des voies respiratoires. À ces risques, il faut ajouter les atmosphères explosives (Atex) qui se forment quand est atteinte une certaine concentration en poussière combustible dans l'air (farine, sucre, céréales, bois...). Des conditions qui peuvent être réunies lors de pelletage, de chargement ou de déchargement de produits pulvérulents ainsi qu'autour de machines insuffisamment étanches (broyeurs, tamis, séchoirs, etc.) ou dans des enceintes fermées comme les silos.

L'évaluation de la dangerosité des particules et du niveau d'exposition aux postes de travail représente la première étape d'une bonne démarche de prévention. Il faut ensuite essayer de supprimer la cause de la pollution ou d'en réduire les émissions. Par exemple en substituant un colorant sous forme de poudre par une suspension liquide. Si cela est impossible, et avant d'imposer le port d'EPI - auxquels on ne doit pas faire appel qu'en dernier recours -, il faut s'attacher à réduire l'exposition à un niveau aussi bas que possible avec des moyens de prévention collectifs. En la matière, deux solutions s'offrent aux professionnels : abattre la poussière par pulvérisation d'eau, une technique pratiquement exclusivement utilisée en extérieur dans la déconstruction, et/ou ventiler.

Il existe deux techniques de ventilation. La ventilation locale avec aspiration à la source consiste à capter les polluants au plus près de leur zone d'émission avant qu'ils n'exposent les travailleurs et ne soient dispersés dans tout le local. La ventilation générale, quant à elle, dilue les poussières par apport d'air neuf. Si elle permet de diminuer les concentrations, elle ne réduit pas la quantité totale de particules libérées dans l'atelier et ne peut être envisagée en tant que technique principale que lorsque les polluants sont peu toxiques et émis à un débit très faible. Il est d'ailleurs préférable de ne l'utiliser qu'en complément à la ventilation localisée, pour apporter de l'air neuf dans les locaux ainsi que pour diluer et évacuer les grains de matière non captés.

Pour éviter que trop de particules ne passent entre les mailles du filet, l'aspiration à la source doit être adaptée aux poussières et à son environnement. Plusieurs principes président à sa mise en place. Il faut envelopper au maximum la zone de production de polluants et capter au plus près de celle d'émission. Le dispositif d'aspiration doit être placé de manière à ce que l'opérateur ne soit pas entre celui-ci et la source de pollution. Ce positionnement doit aussi tenir compte des mouvements naturels des poussières, car les grosses particules produites et mise en mouvement par un outil tournant ne peuvent être maîtrisées que par des appareils placés sur leur trajectoire. En revanche, pour capturer les particules fines en suspension dans l'air, il suffit de capter l'air dans lequel elles sont en suspension. Cet air pollué doit ensuite être rejeté à l'extérieur et en dehors des zones d'entrée d'air neuf. Suivant les cas, il doit être filtré conformément à la réglementation. Il est également primordial de compenser les sorties d'air par des arrivées équivalentes et enfin, dans l'optique de préserver le confort des salariés, d'éviter les courants d'air et les gênes thermiques.

Ainsi, la conception d'un système de ventilation est une opération délicate qui nécessite la prise en compte de nombreux facteurs techniques relatifs au poste de travail, à la poussière, au captage, aux réseaux de transport, à l'épuration et au rejet, à la ventilation générale, à l'apport d'air, au chauffage... L'expertise des Carsat et de leurs Centres de mesures physiques constitue donc une aide précieuse pour les entreprises qui se lancent dans la conception de circuits de ventilation.

Le point sur la réglementation

Les poussières, considérées comme des agents chimiques dangereux, sont soumises aux dispositions du code du travail relatives à la prévention des risques chimiques. Certaines sont classées CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) et sont concernées par des valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP). C'est en particulier le cas des poussières de silice cristalline, de bois, de plomb ou d'amiante.

La réglementation concernant l'aération et l'assainissement des locaux de travail prend également en compte les poussières dites sans effets spécifiques, notamment en fixant des concentrations à ne pas dépasser pour les locaux à pollutions spécifiques.

Pour aller plus loin :

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