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Hyper-connexion, un problème de comportement plus que de droit

Le _ Catégorie : Général

Si le droit à la déconnexion n'est pas explicitement mis en place par la société cela semble être interprété comme une obligation implicite pour les employés.

Salariés connectés en dehors des heures de bureau, réponse à un courriel professionnel en soirée... Afin de mieux respecter les temps de repos et de congé mais aussi la vie personnelle et familiale des salariés, l'article 55 de la loi du 8 août 2016 dite ‘loi Travail’ a introduit un droit à la déconnexion. Les partenaires sociaux sont dans l'obligation, depuis le 1er janvier 2017, d'aborder ce thème dans le cadre des négociations annuelles sur la qualité de vie au travail.” C'est ainsi que le Service-Public.fr, le site officiel de l'administration française présente le droit à la déconnexion.

78 % des cadres connectés lors de leurs temps de loisir

L'intention était bien sûr louable. Mais les résultats se font hélas attendre. Comme le révèle une récente enquête de l'Ifop (1), quelque “78 % des cadres français consultent leurs communications professionnelles telles que leurs emails, sms ou appels pendant leur temps de loisirs, c’est-à-dire pendant les week-ends et les vacances”. Un chiffre presque stable par rapport à celui de l'année dernière mais qui s'accompagne d'une intensification des consultations. Désormais 37 % des personnes interrogées les consultent en effet “souvent” contre 31 % auparavant. Pour le dire autrement : les cadres accrocs aux terminaux numériques le sont de plus en plus.

Consensus sur les conséquences négatives de l’hyperconnexion

Pourtant, cette pratique est désormais considérée comme un facteur de stress par une majorité de cadres (51 %, +3 points). Et, au global, les conséquences sont jugées négatives pour 80 % des personnes interrogées. 29 % pointent dans le même temps des dommages collatéraux pour la vie de famille, en évoquant “une source d’agacement pour les proches”.

Faible mise en œuvre du droit à la déconnexion

Comment expliquer que les cadres persistent dans une pratique qu'ils jugent eux-mêmes néfastes ? Pour élucider ce paradoxe, certains observateurs pointent le retard pris dans la mise en œuvre du droit à la déconnexion. L'enquête de l'Ifop va leur donner de nouveaux arguments : 52 % des cadres affirment en effet que “leur entreprise ne s’est pas engagée dans l’application du droit à la déconnexion”. Et parmi les 48 % qui estiment au contraire que leur entreprise s’est engagée dans l’application de ce droit, “seuls 21 % déclarent que leur entreprise a déjà mis en place des mesures concrètes”.

La prévention passe par la sensibilisation

Pour autant, il serait bien naïf de croire que l'hyperconnexion est la triste conséquence d'un droit bafoué... En effet, pour justifier la consultation intempestive de leurs outils numériques, les cadres évoquent avant tout “le désir s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes en leur absence” (51 %), “le souhait de ne pas être débordé à leur retour” (31 %) ou encore, “la volonté de ne pas manquer d’éventuelles opportunités professionnelles” (11 %). En revanche, “le souhait d’éviter les remarques d’un supérieur hiérarchique” n'est cité que par 5 % des répondants. On ne saurait mieux souligner que, comme souvent en matière de prévention des risques, la solution ne réside pas tant dans l'édiction de droits que dans un patient travail de sensibilisation des personnes concernées.

(1) “Les cadres et l’hyper connexion”, sondage Ifop pour Securex, librement consultable sur www.ifop.com

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